Un jour, à Port-en-Bessin, dans le Calvados, je descendais une rue en voiture.
Plus bas, un couple de personne âgées s'apprêtait à la traverser.
Ont-ils eu peur que je les renverse ? Je ne sais pas.
Mais les deux piétons se sont rapprochés l'un de l'autre. J'ignore, de l'homme ou de la femme, lequel voulait protéger l'autre.
Les deux en même temps, je pense, et ce mouvement spontané, symbolique de la tendresse qui les unissait, m'a ému au plus plus profond.
Je m'en suis voulu, même si je n'avais pas l'impression d'aller trop vite, d'avoir représenté une menace pour eux, même imaginaire.
Je leur en ai voulu, un peu, d'avoir pensé que je pouvais constituer une menace.
J'en ai voulu à la société tout entière de contribuer, jour après jour, à renforcer dans l'esprit de nos vieux, cette idée qu'elle leur est indifférente, voire méprisante ou carrément hostile.
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